Entre la baisse des aides de l'État et un secteur en pleine mutation, la question revient souvent chez les pisciniers : est-ce toujours une bonne idée de prendre un apprenti en 2026 ? Aurélien Prieur Tessier (Chargé de formation au BTP CFA Vendée et ISMP) y répond sans détour dans cet épisode, et partage ses conseils pour bien recruter et financer son apprenti.

Faut-il encore prendre un apprenti piscinier en 2026 ?

Pauline Kara Mikinda reçoit Aurélien Prieur Tessier dans l'épisode 6 de la saison 3 de Pool Pro Time

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Transcript de l'épisode

Pauline Kara Mikinda : Bienvenue sur le podcast Pool Pro Time, le podcast des pros de la piscine.

Pool Pro Time, c'est le premier podcast français créé pour les professionnels de la piscine et du spa.

Avant de démarrer la journée, devant un café ou tout simplement en route pour le chantier, prenez le temps d'écouter les conseils, les actualités et les parcours inspirants de ceux qui font et ont fait l'univers de la piscine.

Ce podcast est produit par IMC, le groupe média numéro 1 dans l'univers professionnel de la piscine et du spa en France et à l'international, qui vous livre les actualités du secteur tous les deux mois avec le magazine papier Spécial PROS ou en continu sur internet avec eurospapoolnews.com et ses réseaux sociaux associés.

Pool Pro Time, c'est votre rendez-vous toutes les deux semaines.

Je suis Pauline et c'est parti pour l'épisode du jour !


Cet épisode de POOL PRO TIME vous est présenté en partenariat avec Les Salins du Midi, entreprise française qui depuis des générations maîtrise la production de sel, de la récolte à la commercialisation.

Ils proposent une large gamme de sels sous la marque AquaSwim conçus pour le traitement des piscines équipées d'électrolyseurs. Notamment le produit AquaSwim acti +, pastilles de sels multifonctions combinant une action anticalcaire et une protection anticorrosion.


Nous nous retrouvons aujourd'hui pour parler formation. Et pour cela, je rencontre Aurélien Prieur Tessier qui va approfondir notamment le sujet de l'apprentissage.

Est-ce que ça vaut le coup ? Combien ça coûte ? Comment recruter un apprenti ?

Aurélien nous répond sans tabou et surtout partage ses conseils pour éviter les couacs. Je vous laisse avec cet épisode.

Bonjour Aurélien, comment vas-tu ?

APT : Bonjour Pauline, ça va très bien. Je te remercie pour l'invitation et l'opportunité de pouvoir parler de formation auprès de nos professionnels.

PMK : Merci à toi aussi d'être parmi nous. Et avant de commencer cet épisode, je te laisse te présenter pour nos auditeurs.

APT : Je m'appelle Aurélien Prieur Tessier, je suis en charge des formations au sein du BTP CFA Vendée et spécifiquement l'Institut supérieur des métiers de la piscine. C'est une école basée à La Roche-sur-Yon. Et l'ISMP est rattachée au BTP CFA Pays de Loire qui est une association régionale.

Moi, ça fait 15 ans que je fais de la formation continue à peu près. J'ai travaillé pour plusieurs services de formation d'entreprise. J'ai notamment travaillé un peu moins de 5 ans dans un organisme de formation du bâtiment où on faisait des qualifications.

À l'époque, les qualifications RGE, les FIBAT, les CADI quelque chose, CADIPAC, etc. Et puis, on avait aussi des plateformes mobiles où on se déplaçait au sein des fédérations du bâtiment pour faire des actions de formation directement sur site. Voilà pour mon expérience dans la formation.

Et puis là, plus récemment, depuis le début d'année, je suis également membre de la FPP sur la commission Formation et Recrutement.

PMK : En quoi consiste justement ton rôle au sein de la FPP ?

APT : Je suis représentant des organismes de formation. On est plusieurs acteurs dans ces commissions. On a des B2B, des B2C, des membres élus et des organismes de formation.

Donc, on est quatre organismes de formation sur le territoire. Il y a moi qui représente l'ISMP et la Roche-sur-Yon. On a le centre de Lavaux-Gelée-Bain avec Sylvie Taverne.

On a Manu Martinez pour Pierrelatte. Et puis, CAP Formation avec Benjamin Vié. Notre rôle, nous, dans cette commission, c'est de participer à faire en sorte de structurer, valoriser, développer les métiers de la piscine avec quatre objectifs, quatre grands objectifs que la fédération souhaite développer.

C'est valoriser les formations, donc avec un renforcement de nos liens avec les centres de formation. C'est pour ça qu'on est présent. C'est accompagner la professionnalisation du secteur puisqu'aujourd'hui, le secteur a toujours besoin de se professionnaliser.

C'est de promouvoir ses métiers auprès du grand public parce que c'est aujourd'hui un métier trop méconnu. Et puis, c'est soutenir les entreprises dans leur recrutement.

PMK : Et aujourd'hui, nous allons parler de la formation et plus particulièrement de l'apprentissage dans le secteur de la piscine. Alors déjà, pour commencer, je voulais avoir ton avis sur le sujet de l'apprentissage aujourd'hui. Sur la période post-Covid, il y a eu beaucoup d'aide pour les entreprises.

On était dans une période où on relançait aussi l'économie après la pandémie. Mais aujourd'hui, les choses sont un peu différentes quand même pour les employeurs. Aujourd'hui, est-ce que prendre un apprenti, concrètement, ça vaut le coup pour un professionnel de la piscine ?

APT : Alors oui, bien sûr que ça vaut le coup de prendre un alternant. Ce n'est pas juste une force de travail supplémentaire. C'est vraiment un projet sur le long cours.

Pour se projeter sur l'avenir, il faut penser au présent et au carnet de commandes à venir. Mais la démarche doit être surtout plus large. On doit, si on parle franchement, prendre un apprenti dans le secteur de la piscine.

Ce n'est pas juste une décision automatique comme ça avait pu être le cas après le Covid parce qu'il y avait des aides qui étaient clairement là pour inciter les entreprises à le faire. Aujourd'hui, on est revenu à une réalité terrain, il faut être très clair. Un apprenti, ce n'est pas juste de la main d'oeuvre.

Il faut prendre du temps pour le former. Au début, ça demande du temps, il faut l'encadrer, il faut une organisation pour. Dans un métier technique comme celui de piscinier, on ne peut pas forcément se permettre d'avoir des personnes dans l'approximation sur un chantier.

Maintenant, il faut regarder les choses en face. Les techniciens de piscine qualifiés, sur le papier, il n'y en a pas beaucoup aujourd'hui. Soit on subit une pénurie, soit on décide de former les professionnels.

L'apprentissage, ça vaut le coup pour le professionnel s'il est prêt à s'investir. C'est pas une solution rapide, c'est un pari sur le moyen terme. Le long terme, quand c'est bien fait, ça reste un des meilleurs moyens pour sécuriser les compétences de l'équipe et surtout pour avoir un recrutement économique.

Il faut aussi dire les choses, un apprenti financièrement sur du long terme, ça reste un coût économique intéressant pour une entreprise. On va pouvoir le formater à sa façon de faire. Il y a vraiment un besoin, en tout cas une vraie envie.

S'il y a une vraie envie et un vrai besoin de la part des entreprises, c'est hyper important. Après, la formation, ça doit être un enjeu stratégique pour la profession. Aujourd'hui, notre secteur se fait face à plusieurs complications, en tout cas plusieurs défis.

Aujourd'hui, comme j'ai dit tout à l'heure, il y a une méconnaissance complète du métier du grand public. J'ai le cas d'une maman qui m'a déjà dit que ce n'est pas un vrai métier piscinier. Alors si, c'est un vrai métier, il faut leur expliquer.

Dans l'échange, c'est un métier de longue haleine. On a plein de professionnels qui ont des problématiques pour recruter des professionnels qualifiés. On a aussi la problématique que ce métier, c'est un métier avec une grande diversité de compétences.

Il faut avoir des compétences en plomberie. Il faut avoir des compétences en étanchéité. Il faut avoir des compétences en électricité.

Il faut avoir des compétences en chimie. Effectivement, ça demande des compétences élargies. Ce n'est pas toujours très simple.

Et puis, c'est une profession qui est encore trop peu structurée. Il faut être aussi honnête. On a des agences où c'est compliqué de structurer le travail des équipes.

Voilà. Aujourd'hui, les jeunes que nous formons, c'est les professionnels de demain. Donc, il est essentiel d'intervenir directement près des apprentis afin de leur proposer, en tout cas, de leur présenter des perspectives pour le secteur.

PMK : Mais justement, avec le monde qui est de plus en plus incertain, les guerres, le manque de stabilité politique en France et puis le fait justement que tout s'accélère, si on se met à la place d'un piscinier, on peut être quand même assez inquiet de prendre un apprenti sur un contrat de deux ans, par exemple. Ça, vous le comprenez au niveau des centres de formation ?

APT : Oui, ça peut se comprendre, effectivement. Mais justement, c'est dans un contexte incertain que former un apprenti, ça peut être aussi vu comme un investissement plutôt mesuré, que plutôt risqué. L'apprentissage, ça offre une vraie souplesse, que ce soit sur la partie du salaire.

En fait, le salaire, il va être progressif. C'est-à-dire que notre alternant, il va arriver en fonction de son âge avec un salaire qui va être plus ou moins important. Puis au fur et à mesure, son salaire va devenir plus progressif.

Donc, on pourra lisser dans le temps. Et puis, il y a des aides financières pour un apprenti. Donc, ça permet quand même d'éviter de sauter le pas trop tôt.

Et puis aussi, on peut former quelqu'un aux méthodes et aux valeurs de notre entreprise, de façon progressive aussi. Après, pour un piscinier, c'est aussi un moyen d'anticiper l'avenir, de sécuriser ses compétences. Ce n'est pas toujours simple d'aller chercher un candidat, en tout cas, un technicien qualifié sur le marché qui va coûter plus cher.

Donc, dans ce cas-là, aller chercher un apprenti économiquement, ça peut être plus intéressant. Après, l'incertitude, elle existe. Mais l'apprentissage, ça permet de piloter plus que de subir.

Le but, c'est effectivement les contextes environnementaux, ils seront toujours là. On va essayer de s'adapter. Mais justement, le but, c'est d'essayer de former ces équipes, d'avoir une équipe compétente pour que quand les carnets de commandes repartiront, qu'on ait de quoi répondre à ces besoins.

Après, ça peut arriver d'avoir des échecs. Dans le cadre de nos parcours de formation, ça arrive qu'on ait des entreprises en situation de défaillance. Ça arrive qu'on ait aussi des alternants qui ne soient plus en adéquation avec le projet d'entreprise.

Dans ce cas-là, il ne faut pas hésiter à solliciter l'organisme de formation. Nous, on est là pour ça, pour devancer les défaillances ou devancer les problématiques avec un alternant. Ça arrive.

Et dans ce cas-là, c'est à nous, organisme de formation. On n'est pas que là pour faire la formation, on est aussi là pour faire l'intermédiaire, pour trouver des solutions. Trouver des solutions si l'entreprise ne va pas bien pour justement proposer une porte de sortie à l'alternant pour lui dire « je veux une autre entreprise ».

Ou si c'est l'alternant qui ne se sent pas bien dans l'entreprise ou qui n'est pas en adéquation avec le projet, c'est d'essayer de lui trouver une autre entreprise sans non plus mettre en difficulté l'entreprise. Ce n'est pas le but. Mais voilà, c'est de trouver une porte de sortie pour tout le monde.

On a le cas de jeunes qui ont changé d'entreprise au sein d'une première année, qui sont allés dans une autre entreprise une deuxième année. Il y en a qui y sont toujours. Il y en a d'autres qui ont créé leur entreprise.

Ça ne change pas le projet. Il n'y a pas de souci là-dessus. Il faut faire confiance au centre de formation.

Dans l'année, au sein de notre centre de formation, donc à l'ISMP, il y a des temps d'échange avec les formateurs, que ce soit auprès des entreprises ou auprès des jeunes. Il faut saisir de ces temps avec les formateurs justement pour corriger des éléments avec les jeunes. Et puis surtout, les féliciter et ne pas hésiter à leur dire qu'on croit en eux pour les projets à long terme, à moyen terme.

Parce qu'on a trop souvent des employeurs qui disent qu'ils ne s'investissent pas suffisamment. Et on a des jeunes à contrario qui nous disent qu'en entreprise, je ne sais pas l'année prochaine où je serai parce que mon contrat va se terminer. C'est justement des temps d'échange qu'il faut saisir pour que l'alternant puisse comprendre vers où veut l'emmener l'entreprise.

PMK : Pour un professionnel de la piscine, combien ça coûte de prendre un apprenti ?

APT : L'apprentissage, ça va être soumis à différentes règles. Après, c'est propre à chacun. En fonction de l'âge du candidat, en fonction du statut de l'entreprise, de la taille de l'entreprise, de la convention collective de l'entreprise, en fonction de l'OPCO, ça va être différent.

Il y a des grandes lignes qui sont tout le temps les mêmes, mais il y a des points qui vont être différents. C'est pour ça qu'il ne faut pas toujours se baser sur les informations que vont donner les collègues ou si, par exemple, vous avez votre collègue d'en face qui va vous dire que ça va coûter tant, attention, ce n'est pas toujours à prendre au pied de la lettre. Après, même si les aides de l'État ont diminué, ça c'est vrai, ça reste aujourd'hui très avantageux d'avoir un alternant.

Concrètement, ça veut dire quoi ? Tout d'abord, si on parle d'apprentissage, puisque sa question, c'était sur l'apprentissage, l'apprenti. Déjà, qu'est-ce qu'un apprenti ?

Un apprenti, c'est une personne qui a moins de 30 ans. Si on a plus de 30 ans, on n'est plus considéré comme apprenti. Alors, il y a des cas particuliers, il y a les personnes en situation de ce qu'on va appeler les RQTH, les personnes en situation d'handicap.

Donc, eux, ils peuvent signer un contrat d'apprentissage quand ils veulent. Il n'y a pas de souci. Qu'ils aient 50 ans ou plus, il n'y a pas de problème.

Les créateurs d'entreprises, eux, ils vont pouvoir aussi signer un contrat d'apprentissage. C'est un peu particulier de partir en apprentissage en créant des entreprises. Souvent, les entreprises veulent s'engager sur du long terme.

Après, c'est à voir. Et puis, on a les grands sportifs. Là, c'est des cas très particuliers.

Mais on a l'exemple de Stéphane Guivarch qui s'était lancé dans la piscine à l'époque. En gros, si on parle d'apprenti, on va vraiment être sur la partie des personnes de moins de 30 ans. Un apprenti, il a les mêmes règles qu'un salarié lambda.

Vous allez lui proposer un CDD ou un CDI. Il n'y a pas de souci là-dessus. Ça veut dire aussi qu'il a les mêmes congés payés, les mêmes congés légaux en tout cas qu'un salarié classique.

Pour commencer, l'aide que vous allez toucher, la première aide, c'est de l'aide unique. Elle est versée à toutes les entreprises. Ça va dépendre de la taille.

Mais pour les PME de moins de 250 salariés, ce qui va représenter 99% du secteur, pour les personnes qui vont suivre une formation dans les métiers de la piscine, on est sur des formations de niveau 4, ça va être 5000 euros d'aide qui vont être versées. C'est une aide unique. C'est 5000 euros d'aide pour le contrat.

Pour les entreprises, les très grandes entreprises de plus de 250 salariés, ça va être seulement 1500 euros. Mais comme j'ai dit tout à l'heure, on va être plutôt sur les 5000 euros. En plus de ça, si notre apprenti est reconnu travailleur handicapé, on a une aide forfaitaire de 1000 euros supplémentaires.

Ça, qu'importe la taille de l'entreprise. Si on a une personne en situation de handicap, on est une petite entreprise, on va avoir 5000 euros d'aide unique plus 1000 euros pour un travailleur handicapé. Ça, c'est non négligeable.

Autre aide qui est importante, on a un abattement du seuil d'exonération des cotisations salariales. En gros, la rémunération de l'apprenti, elle est exonérée dans la limite de 50% du SMIC. Tout ce qui va être au-dessus de 50% du SMIC, ce sera non exonéré.

Et tout ce qui est avant, c'est exonéré. Ça veut dire quoi concrètement ? Un apprenti de moins de 20 ans, globalement, il va être payé.

La loi dit que c'est 43% du SMIC. C'est les textes qui le disent. Si il est dans une convention collective du bâtiment, on est à 50% du SMIC.

Après, vous êtes libre de le payer plus largement, mais la règle, c'est celle-là. Si vous payez un jeune de 20 ans à 43%, vous n'avez pas de cotisation salariale à verser sur son salaire. Pour vous, vous ne payez uniquement son salaire.

En gros, si on veut parler financier toujours, sur la partie pédagogique, on va distinguer deux éléments dans un contrat d'alternance. La partie pédagogique, le coût de formation proprement dit. C'est le coût que va coûter l'action de formation au sein du centre de formation.

Il faut savoir que l'OPCO va prendre en charge l'action de formation au niveau de prise en charge. C'est-à-dire que normalement, il n'y aura pas de reste à charge sur un contrat d'apprentissage. Les organismes de formation sont au niveau de prise en charge légale.

Ça veut dire que tout est pris en charge au niveau du coût de formation. Tout est compris. Si je prends l'exemple d'un BP chez nous, un BP, c'est deux ans de formation.

Vous allez avoir l'aide unique de 5000 euros plus le coût de l'action de formation qui va être pris en charge. Chez nous, pour un BP, on est autour des 15 000 euros. Ça fait une prise en charge globale de 20 000 euros.

Vous n'avez à votre charge que le salaire de l'apprenti, encore une fois, exonéré de charges fiscales jusqu'à 50 % de rémunération.

PMK : Si je comprends bien ce que tu dis, on a un marché de la piscine qui est porteur. On a des centres de formation qui développent justement les formations et l'apprentissage. On a quand même une action de formation qui reste très soutenue financièrement par la France.

En tout cas, c'est de ce que j'observe. Concrètement, tu l'as déjà dit, il vaut mieux voir l'apprentissage comme un investissement et non pas comme une charge. Concrètement, comment ça se passe si on veut recruter un apprenti ?

Qu'est-ce que tu conseilles à nos auditeurs ?

APT : C'est de contacter votre centre de formation de proximité qui est à côté de chez vous. Il y a des structures qui travaillent avec des organismes avec lesquels ils ont l'habitude. Il n'y a pas de souci, vous pouvez contacter qui vous voulez.

Regardez autour de chez vous, il y a forcément un centre de formation. Aujourd'hui, on est 16 organismes en France. N'hésitez pas à aller solliciter directement.

Il existe deux grandes formations certifiantes dans le secteur. Aujourd'hui, on a le brevet professionnel au métier de la piscine qui est une formation sur deux ans qui reste la norme et la base. Aujourd'hui, le brevet professionnel, on va vraiment travailler de la construction du bassin, la partie maçonnée, jusqu'à la mise en service du bassin avec de la chimie, de l'électricité, de la plomberie.

Deux ans de formation complète. Là, on va tout voir. Et puis, on a l'autre action qui est le titre professionnel technicien d'installation et de maintenance de piscine qui va se faire à peu près sur une année.

Ça va dépendre des centres. Globalement, on est sur une année de formation. Là, ça va plutôt être pour former des techniciens vraiment spécifiques.

Il y a moins la partie maçonnée. La piscine maçonnée n'est pas vue. En tout cas, elle est vue en théorie mais pas en pratique.

On va vraiment s'appuyer. C'est globalement la même chose que le brevet professionnel, sauf que là, on sera sur un titre professionnel. Il n'y aura pas de partie générale.

Pas de maths, pas de français, pas de choses comme ça. Mais par contre, une compétence aussi développée, ça va plutôt être à destination d'un public d'adultes. C'est les formations de niveau 4.

Niveau 4, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut déjà un niveau 3. Les niveaux 3, c'est des CAP, des BEP.

On peut aussi venir avec un bac sur ce type d'action, mais on ne peut pas venir sans diplôme. C'est là où c'est limitant. On a beaucoup de professionnels qui souhaitent envoyer des jeunes ou souvent leurs enfants, etc.

Ils sont obligés de passer par un premier niveau de diplôme. Alors, la piscine, il y a une pluricompétence. On peut commencer par un CAP maçonnerie, CAP paysage, CAP élec.

Il y a plein de ponts qui peuvent se faire. Ce n'est pas très grave, mais il faut savoir qu'on ne peut pas commencer comme ça. Pour revenir à ta question, qu'est-ce qu'il faut faire ?

En sollicitant un centre, le centre pourra vous renseigner et le centre pourra vous mettre en relation avec des jeunes. Nous, en tant que centre de formation, notre rôle, c'est d'essayer de capter des candidats par différents moyens, que ce soit des salons pour l'emploi, des forums jeunes, des journées de portes ouvertes. On va aussi travailler beaucoup avec la FEDE, la Fédération des Professionnels de la Piscine et du Spa, la Fédération de l'Hôtellerie de Plein Air, les CAPEB, les FFB, Fédération Française du Bâtiment.

Plein de FEDE avec lesquelles on va pouvoir travailler. On travaille aussi avec les collectivités publiques, les missions locales, les France Travail, et puis les lycées et les collèges quand c'est possible parce qu'on ne peut pas toujours rentrer dans les collèges. Il y en a qui viennent à nous, mais ce n'est pas toujours facile.

Il faut savoir que nous, à l'ISMP, en ce qui concerne l'administration des contrats, on propose à l'entreprise de nous donner mandat pour qu'on s'occupe directement de votre contrat d'apprentissage. Je pense que mes autres collègues dans l'ISF le font également, mais en gros, on s'occupe de tout. Vous avez juste à nous solliciter pour la mise en place de votre contrat d'apprentissage.

PMK : C'est vrai que ce n'est pas toujours évident de faire un bon recrutement, que ce soit un recrutement d'un poste salarié, mais aussi d'un apprenti. Quels seraient tes conseils ?

APT : Pour bien recruter un apprenti, déjà, ça va être de bien connaître les réglementations du secteur. En tout cas, qu'est-ce qu'on veut comme professionnel ? Puisqu'après, il faut aussi cibler bien son offre.

En gros, il faut aussi déjà avoir un peu travaillé les entretiens. Si vous essayez de faire un entretien mais que vous n'en avez jamais fait, c'est comme un apprenti. Il faut apprendre à faire ce type d'éléments.

Et puis, c'est être acteur de son recrutement. Surtout, ce n'est pas juste poster une offre et attendre. Il faut vraiment penser à toute la communication qu'il y a autour, que ce soit aujourd'hui sur le format digital, mais aussi en physique.

Aujourd'hui, on le dit souvent, mais mettez un flyer dans votre magasin. On voit sur les camions, des fois, des éléments qu'on recrute ou sur le bord des routes. En fait, il ne faut pas hésiter à informer le plus grand nombre autour de chez vous.

Informez vos proches aussi. En tout cas, vos salariés, en indiquant que vous avez des besoins au recrutement parce que, en fait, tous les moyens de communication sont bons. Vous devez être acteur de votre recrutement.

C'est une vraie stratégie à mettre en place. Que ce soit, comme j'ai dit, à travers des offres d'emploi ou autre, le but, c'est vraiment de faire parler de vous. rapprochez-vous aussi de la FEDE.

Ils peuvent communiquer aussi et faire relayer des offres. Et puis, également, les organes de presse peuvent aussi faire passer des offres de formation. Le but étant, effectivement, de faire parler de vous.

Et puis, le but aussi, ça va être d'essayer, par exemple, de faire des actions directes. Nous, par exemple, cette année, lors de nos portes ouvertes, on avait invité plusieurs entreprises. Les entreprises participantes, elles ont fait de la sensibilisation sur leur métier auprès des jeunes et des familles.

Donc ça a désamorcé aussi des sujets. Et surtout, les entreprises qui étaient présentes, elles ont pu recruter directement des apprentis sur place parce que les familles étaient convaincues directement du bien fondé de la chose. Et puis, dernière chose, c'est de travailler en permanence sa marque employeur.

PMK : Qu'est-ce que c'est que la marque employeur et pourquoi c'est important ? Pourquoi est-ce que justement tu en parles ? Qu'est-ce que tu peux nous dire à ce sujet ?

APT : La marque employeur, en fait, c'est vraiment l'image et la réputation de l'entreprise auprès de ses employés, des candidats et puis aussi de nos clients. Ça va se traduire par les conditions de travail, l'ambiance au sein de l'équipe, l'équilibre vie pro, vie perso. Aujourd'hui, c'est hyper important.

La flexibilité, c'est-à-dire si on peut prendre du temps pour aller chez le médecin, pour aller emmener ses enfants, pour avoir, bref, tout ce qui va être temps de flexibilité. Ça va être les valeurs et la culture de l'entreprise. Aujourd'hui, c'est hyper important d'être dans une entreprise qui va travailler sur des éléments environnementaux, des éléments associatifs ou des choses comme ça.

Après, ça va être les opportunités aussi. Ça va être si on a une possibilité d'évolution au sein de cette structure, s'il y a des formations qui me sont proposées, si, par exemple, je peux évoluer ou avoir une mobilité dans un autre département parce que j'en ai envie. Ça va être tous ces éléments-là.

Et puis, après, c'est aussi la reconnaissance au quotidien. C'est un management bienveillant. C'est une communication élargie, donc que ce soit sur les réseaux sociaux, sur le site de mon entreprise.

Il donne envie d'aller vers cette entreprise. Si dans les offres d'emploi, elles sont rédigées de façon correcte et que, du coup, j'ai envie d'aller vers cette entreprise-là. Et puis, la plus importante pour moi, ça reste l'expérience collaborateur.

Ça va être une personne de son recrutement jusqu'à sa sortie. Quelle est la ressentie qu'elle va avoir ? Est-ce qu'elle va parler de l'entreprise en bien, en pas bien ?

C'est elle qui va communiquer auprès des futurs candidats la promesse qu'on fait aux salariés. C'est la réalité qu'on vit au quotidien.

PMK : Super intéressant. Merci beaucoup pour ce petit focus. Merci Aurélien pour tout cet échange autour de l'importance effectivement de former les nouvelles générations au métier de la piscine.

C'est effectivement quelque chose qui permet de tirer en fait le secteur, l'activité vers le haut et de pouvoir avancer ensemble. Pour finir cet épisode, c'est notre tradition, je vais te laisser le mot de la fin.

APT : Le mot de la fin, ça va être surtout de faire vivre vos centres de formation autour de chez vous. Saisissez-vous de l'opportunité de bien former vos collaborateurs que ce soit au travers des formations longues, mais aussi des modules de formation courte. Aujourd'hui, on a parlé de l'apprentissage, mais il y a aussi des formations courtes qui existent.

On en a parlé dans la marque Employeur pour valoriser vos collaborateurs, former-les au quotidien. C'est important. N'oubliez pas également, vous pouvez vous proposer également comme jury pour les épreuves de BP et Titre Pro.

C'est vraiment important que vous investissiez dans cette évaluation parce que nous, centres de formation, on manque énormément de jurys et ça ne prend pas beaucoup de temps. Ça prend une journée ou deux. On a besoin de vous, donc ça, c'est important.

Et puis, dernière chose, que vous souhaitiez garder votre apprenti en tant que salarié ou non. Pensez que son passage en entreprise lors de son apprentissage sera unique, que ce soit pour l'étudiant ou pour vous qui vous l'auront encore plus unique. Il existe un concours qui s'appelle le concours des MAF, les meilleurs apprentis de France en piscine.

Ça, c'est pas mal pour une belle aventure pour accompagner votre jeune. Pour les MAF, cette année, la finale, elle sera comme la dernière édition, elle sera au salon de la piscine à Lyon. Elle sera sur notre stand.

Alors, notre stand avant, il s'appelait Pôle Campus. Cette année, c'est une exclue. Il s'appellera Espace Emploi et Formation.

Donc, on sera au Hall 6-3 à proximité du Pôle Aqualie. Donc, les finales, elles auront lieu normalement le mardi 24 et le mercredi 25 novembre. Il y aura également des animations sur le stand durant les quatre jours.

Donc, si vous avez un projet, venez nous rencontrer et puis surtout, venez soutenir les candidats des MAF. Les MAF, c'est important pour soutenir la profession et puis les jeunes qui font du super boulot. Donc, voilà.

PMK : Merci beaucoup Aurélien pour ta participation à cet épisode de Pool Pro Time et puis je te dis à très bientôt.

APT : Merci Pauline, à bientôt.

PMK : La valorisation des métiers de la piscine est l'affaire de tous et nous devons regarder vers l'avenir, notamment grâce aux solutions d'apprentissage. Je remercie encore Aurélien de nous avoir partagé tous ses conseils et j'espère que cet épisode vous aura plu. En attendant, je vous retrouve très bientôt avec un nouvel épisode de Pool Pro Time.


Merci aux Salins du Midi pour leur soutien à cet épisode de POOL PRO TIME. Avec la gamme AquaSwim, ils mettent à disposition des professionnels du spa et de la piscine un produit multifonction et efficace pour une eau toujours plus saine. Pour en savoir plus, rendez-vous sur [https://www.experts-eau.com/].


Si vous avez aimé cet épisode, je vous invite à le partager autour de vous, que ce soit auprès de vos collègues et partenaires ou encore sur vos réseaux sociaux. Pour ne manquer aucun épisode de Pool Pro Time, abonnez-vous dès maintenant sur la plateforme d'écoute de podcast que vous utilisez. Vous recevrez une notification dès qu'un épisode sortira. Je compte sur vous pour m'envoyer vos idées, vos envies, vos retours par rapport à cet épisode mais aussi aux autres.

Vous pouvez retrouver les actualités du secteur sur Facebook et LinkedIn mais aussi sur le site eurospapoolnews.com.

Hâte de vous retrouver dans le futur épisode. A bientôt !