Après un début d'été marqué par de nouvelles noyades, la Fédération des Professionnels de la Piscine et du Spa et la Fédération Française de Natation lancent un appel conjoint au sursaut collectif pour favoriser l'apprentissage de la nage en France.
Une question de santé publique et de sécurité
Au moins 13 décès par noyade en un seul week-end ! La FPP et la FFN montent au créneau et rappellent que nager ne relève pas du loisir, mais de la sécurité vitale.
Gilles Sezionale, Président de la Fédération Française de Natation alerte :
En France en 2026, on peut grandir sans jamais apprendre à nager et en mourir.
Chaque été, ces drames reviennent, suscitant une émotion légitime, mais trop fugace. Car derrière ces tragédies individuelles, c'est une défaillance collective qui se dessine : en France, l'apprentissage de la natation n'est toujours pas considéré comme une priorité nationale. »
Stéphane Figueroa, Président de la Fédération des Professionnels de la Piscine et du Spa souligne : « Les chiffres sont sans appel : un Français sur six ne sait pas nager. Et loin de s'améliorer, la situation risque de se dégrader. La moitié des piscines publiques sont aujourd'hui vétustes, parfois fermées temporairement ou durablement, et l'accès aux équipements devient de plus en plus difficile, notamment dans les territoires ruraux ou les quartiers populaires. Le résultat est simple :
des générations entières grandissent sans maîtriser une compétence essentielle.
Selon les données de Santé publique France, rapportées par Stéphane Figueroa,16,3 % des Français âgés de 15 à 75 ans ne maîtrisent pas la nage.
Aujourd'hui, la FPP et la FFN s'allient pour réclamer 4 mesures d'urgence à nos gouvernants pour assurer ce service public qu'est l'apprentissage de la natation (inscrit au programme scolaire) et rendre à la piscine publique son rôle de bien commun, véritable infrastructure de santé, d'éducation et de cohésion sociale :
- Un plan national de rénovation et de construction : ciblant en priorité le renouvellement des équipements aquatiques en zone rurale et dans les quartiers populaires, victimes des inégalités d'accès.
- Garantir un apprentissage effectif de la natation à tous les enfants avant l'entrée au collège.
- Soutenir la formation et le recrutement de maîtres-nageurs
- Développer des solutions innovantes : piscines éphémères, partenariats locaux, ouverture élargie des équipements...
Mais par-dessus tout, les deux fédérations appellent à un sursaut collectif.
Derrière chaque noyade, il y a une responsabilité partagée : celle de ne pas avoir suffisamment anticipé, investi, formé.
Faire de l'apprentissage de la natation un sujet de débat public, c'est reconnaître que l'accès à l'eau est une question de justice, de sécurité et de dignité. C'est aussi affirmer une ambition : celle d'une société qui protège, qui prépare et qui n'accepte plus que l'on puisse mourir faute d'avoir appris à nager.
